Région de Harar, Ethiopie, janvier 2023. Obsa Mustafa et sa soeur récoltent le khat dans le champ de leur père Djamal. Ils font ça depuis qu’ils sont enfants. Ce jour là, une jeune dalala leur a acheté environ 30 kg de khat pour 40 000 Birrs (environ 680 euros). Elle espère doubler le prix en le revendant à AwWoday. L’objectif étant d’atteindre au plus tôt et au plus vite les marchés d’approvisionnement.
Dire Dawa, Ethiopie, janvier 2023. 6 h 30 du matin, comme des milliers de vendeuses, Furdosa et ses collègues partent en bus de Dire Dawa pour le marché de Kobo, à 2 heures de route. Là-bas, elle achète chaque jour entre 30 et 40 kg de khat, pour un bénéfice espéré de 500 à 1000 birrs par jour (entre 8 et 16 euros). De retour du marché, le minibus fait de nombreux arrêts afin que les vendeuses règlent les taxes dues aux autorités.
Dire Dawa, Ethiopie, le 13 janvier 2023. Les vendeuses de khat partent en bus pour le marché de Kobo. Les accidents en minibus sont très fréquents sur cette route montagneuse : le khat est vendu juste après la récolte, et doit être consommé le jour même. C’est un commerce très rapide. Pour que les vendeuses puissent faire du profit, le khat doit être en vente sur les étals à partir de 11 heures du matin.
Dire Dawa, Ethiopie, le 12 janvier 2023. Une femme tient son ballot de khat qu’elle vient d’acheter au marché Kobo. Elle le revendra en bouquets dans la journée, à Dire Dawa.
Dire Dawa, Ethiopie, le 15 janvier 2023. Kimia et sa fille Sabrina, mettent le khat en sac après vérification de sa condition pour l’apporter sur l’étal. Après un grave accident de minibus il y a 8 ans, alors qu’elle allait chercher son khat à Kobo, elle a décidé de ne plus faire les trajets elle-même. Elle mandate un intermédiaire, qui lui apporte la marchandise directement chez elle. Kimia est divorcée, elle vit avec ses trois enfants. Elle ne souhaite pas qu’il suivent sa trace, et voudrait qu’ils puissent faire des études. Son projet est d’épargner assez pour acheter des marchandises à Dubaï et les revendre en Ethiopie.
Dire Dawa, Ethiopie, le 13 janvier 2023. Le minibus est chargé de khat, les vendeuses rentrent afin de vendre leur marchandise en ville. Sur la route pour rejoindre Dire Dawa, il y a de nombreux checkpoints destinés de payer les taxes sur le khat qu’elles rapportent. Le montant des taxes a beaucoup augmenté dans les dernières semaines et est un sujet de récréminations fréquentes.
Dire Dawa, Ethiopie, le 12 janvier 2023. Portrait de Furdosa sur son stand, avec ses clients.Furdosa, mariée, deux enfants, vend du khat depuis 10 ans. Elle a perdu ses parents très jeunes et a été élevée par sa grand-mère et sa cousine Kimia, qui est aussi vendeuse de khat. Ce commerce a été le seul moyen de subvenir rapidement à ses besoins. Elle a d’abord vendu des fruits et des légumes pendant quelques années avant de décider de vendre du khat, plus lucratif.
Dire Dawa, Ethiopie, 12 janvier 2023. A côté du stand de Furdosa, vendeuse de khat, un homme consomme.
AwWoday, Ethiopie, le 14 janvier 2023. AwWoday, entre Dire Dawa et Harar, est le plus grand marché local et d’exportation de khat. La ville est parfois surnomée « le Wall Street du khat ». Chaque matin, des centaines de minibus chargés de commerçants arrivent des villes alentour afin de s’approvisionner en khat. Environ 300 à 400 personnes se retrouvent à AwWoday pour les affaires. À destination des marchés locaux et internationaux, la ville brasserait ainsi quotidiennement 25 tonnes de feuilles et 15 millions d’euros.
AwWoday, Ethiopie, le 12 janvier 2023. Samia est l’une des grandes vendeuses de Dire Dawa. Elle vient tous les matins à AwWoday afin d’acheter son khat. Elle voit défiler les dalalas qui lui proposent de la marchandise venue de toute la région. Elle les revend plus de 1000 birrs le bouquet.
AwWoday, Ethiopie, le 14 janvier 2023. Un homme avec son enfant est en train de brouter sa plante verte,alors qu’il commerce.
AwWoday, Ethiopie, 14 janvier 2023. Sur ce grand marché, beaucoup de femmes et hommes viennent vendre leur marchandise. La filière du khat a été qualifiée de « démocratique » car elle nécessite peu d’expérience et un tout petit capital de départ, il est donc possible de tenter la mise sans investissement majeur.
AwWoday, Ethiopie, le 14 janvier 2023. Une vendeuse contrôle la qualité du khat présentée par les dalalas. En effet, il est courant que les négociants gonflent les bottes de bonne qualité avec du khat de moindre facture, pour en tirer le meilleur prix.
Dire Dawa, Ethiopie, janvier 2023. Kimia, sur son stand en fin de journée. Kimia est vendeuse depuis 10 ans. Elle peut gagner jusqu’à 2000 birrs (entre 9 et 35 euros), mais elle perd parfois de l’argent, quand elle n’a pas pu écouler toute sa marchandise. En effet, le khat doit être consommé rapidement pour conserver toute sa qualité, la question de l’extrême fraîcheur du khat est un facteur essentiel pour en fixer le prix. Le khat qui lui reste en fin de journée est souvent perdu, car invendable le lendemain.
Idjanani, Ethiopie, 11 janvier 2023. Kimia se rend à un deuil dans le village d’où est originaire sa famille. Elle vient présenter ses condoléances à un membre de la famille du défunt. Elle apporte également du khat. Pour cet événement, les femmes se retrouvent ensemble dans une pièce isolée, les hommes eux khatent tous sous une tente jusqu’à la tombée de la nuit.
Dire Dawa, Ethiopie, le 11 janvier 2023. Kimia, vendeuse de 40 ans viens de rentrer de sa longue journée. Elle fait le point avec sa fille Sabrina sur la marchandise qu’il lui reste. Kimia explique : « Je ne peux pas me reposer, ni manquer un jour, car quand tu es vendeuse de khat, si tu n’est pas là, les clients n’achèteront pas, même si quelqu’un d’autre le vend pour toi ». Après un grave accident de minibus il y a 8 ans, alors qu’elle allaitchercher son khat à Kobo, elle a décidé de ne plus faire les trajets elle-même. Elle mandate unintermédiaire, qui lui apporte la marchandise directement chez elle. Kimia est divorcée, elle vit avec sestrois enfants. Elle ne souhaite pas qu’il suivent sa trace, et voudrait qu’ils puissent faire des études. Sonprojet est d’épargner assez pour acheter des marchandises à Dubaï et les revendre en Ethiopie.
Dire Dawa, Ethiopie, le 11 janvier 2023. Après une journée de travail, cette vendeuse, amie de Kimia, vendeuse également, vient se reposer chez elle.
AwWoday, Ethiopie, le 18 janvier 2023. Des ouvriers transportent des branches de khat vers l’entrepôt afin qu’elles soient pesées, coupées et mises en bottes. Ce soir là, il y a dans cet entrepôt environ 180 employés qui travailleront jusqu’a 3 heures du matin.
Djibouti, république de Djibouti, 13 février 2023. Fatouma et ses cousines, dans un taxi qui les ramène chez elle. Fatouma habite une grande villa qu’elle a fait construire en 2013. Elle possède d’autres maisons vers Randa, qu’elle a fait construire pour sa famille. L’immobilier est pour elle un moyen sur de placer son argent.
AwWoday, Ethiopie, le 18 janvier 2023. Dans cette fourmilière, chaque homme a une tâche bien précise, il faut aller très vite. La mécanique de l’entreprise est bien huilée, les tonnes de khat doivent être chargées sur des camions qui prendront la route jusqu’au matin.
AwWoday, Ethiopie, le 18 janvier 2023. Chaque nuit, dans cet entrepôt, 6000 kg de khat sont exportés vers Hargueisa et le Somaliland.
AwWoday, Ethiopie, le 14 janvier 2023. AwWoday, entre Dire Dawa et Harar, est le plus grand marché local et d’exportation de khat. La ville est parfois surnomée « le Wall Street du khat ». Chaque matin, des centaines de minibus chargés de commerçants arrivent des villes alentour afin de s’approvisionner en khat. Environ 300 à 400 personnes se retrouvent à AwWoday pour les affaires. À destination des marchés locaux et internationaux, la ville brasserait ainsi quotidiennement 25 tonnes de feuilles et 15 millions d’euros.
Dire Dawa, Ethiopie, le 7 janvier 2023. Portrait de David, chez lui. Il consomme du khat, comme tous les jours depuis des années.
AwWoday, Ethiopie, 14 janvier 2023. Sur ce grand marché, beaucoup de femmes viennent vendre leur marchandise. La filière du khat a été qualifiée de « démocratique » car elle nécessite peu d’expérience et un tout petit capital de départ, il est donc possible de tenter la mise sans investissement majeur.
Dire Dawa, Ethiopie, 17 janvier 2023. Une négociante dans le marché de Tchatterra. Le khatvendu ici provient d’AwWoday.
Dire Dawa, Ethiopie, 17 janvier 2023. Ifra récupère le khat qu’elle vient d’acheter. Négociante, elle achète et vend son khat sur le marché de Tchatterra. Elle vend à la fois à des vendeuses et pour d’autres intermédiaires.
Région de Harar, le 19 janvier 2023. C’est dans cette région montagneuse que pousse le khat.
Djibouti, république de Djibouti, le 5 février 2023. Fatouma, accompagnée de ses employés vient récupérer son khat à « particuliers », le deuxième circuit d’importation derrière la SODJIK. Ici, 6 tonnes par jour arrivent d’Éthiopie pour les particuliers détenteurs de licence. Fatouma récupère chaque jour 70 sacs de khat comptant 35 à 40 bottes.
Djibouti, république de Djibouti, le 10 février 2023. Fatouma revend du khat à des vendeuses de laville après avoir été le chercher chez des exportateurs particuliers, ou « porte-clef ». À l’arrière plan, la marchandise vient d’être déchargée de son 4X4. Tous les jours, à partir de 10 heures, lesvendeuses viennent en nombre à sa boutique pour récupérer leur marchandise. Fatouma en gardeune petite quantité, qu’elle vend au détail à des particuliers. Avec ce commerce, elle gagne entre300 000 et 500 000 DJF par jour.
Djibouti, république de Djibouti, le 10 février 2023. Des employés de Fatouma dans son arrière boutique. Fatouma travaille avec une dizaine de personnes à ses côtés, tous des membres de sa famille plus ou moins éloignés.
Djibouti, république de Djibouti, le 10 février 2023. Des employés de Fatouma dans son arrière boutique comptent les sacs de Khat reçu. Fatouma travaille avec une dizaine de personnes à ses côtés, tous des membres de sa famille plus ou moins éloignés.
Djibouti, république de Djibouti, le 13 février 2023. Portrait de Fatouma dans son arrière boutique, tandis qu’elle discute avec les femmes qui l’accompagnent quotidiennement. Elles travaillent en famille, et toutes sont des cousines plus ou moins éloignés. Fatouma travaille tous les jours de 7 h à 23 h.
Djibouti, république de Djibouti, le 9 février 2023. Lors d’un après midi chez Fatouma, ses amies, certaines également vendeuses, improvisent des chants et des danses traditionnels du peuple Afar. Ici, c’est la qibna orobi, un rituel Afar généralement présent lors des mariages. Lorsque la mariée arrive chez elle pour la nuit de noce, elle est accompagnée de nombreuses femmes et de leurs chants traditionnels, cachée sous un voile avant d’être révélée à son mari. Ces danses et ces chants suscitent beaucoup d’émotion, et rappellent des souvenirs à ces femmes déjà mariées.
Randa, Republic of Djibouti, 3 February 2023. Randa is a mountain town in the Tajourah region, opposite the capital. It is crossed by a national road, and is a place of passage and trade, particularly in khat.
Randa, république de Djibouti, février 2023. Portrait de Andahi Mohamed Ali, 50 ans, chez elle. Elle a fait construire sa maison grâce aux revenus générés par la vente de khat. Elle achète quotidiennement 300 bottes de khat vers Balho, non loin de la frontière éthiopienne, qu’elle partage avec sa soeur Houma Assan Ali. Andahi vend son khat depuis chez elle. Il s’agit de khat de contrebande. Les douanes djiboutiennes suspectent qu’environ 5 % du khat en provenance d’Éthiopie est importé illégalement.
Quartier d’Arhiba, Djibouti, république de Djibouti, le 10 février 2023. Dans le quartier d’Arhiba, trois jeunes hommes vendent du khat. L’un est le fils d’une vendeuse et est accompagné par ses amis. En fin de journée, les vendeuses délèguent souvent le travail à des employés ou à leursenfants. Elles peuvent rentrer chez elle se reposer, leurs remplaçants pourront espérer tirer un petit bénéfice.
Quartier d’Arhiba, Djibouti, république de Djibouti, le 30 janvier 2023. Portrait de Mariam, vendeuse pendant plus de 30 ans. Elle a du cesser son commerce il y a quelques années à cause de la maladie. Giumati, sa fille, a repris le business et vend 2 sacs par jour, pour 8 000 DJF. Le jeudi marque le début du week-end à Djibouti : tous les hommes se retrouvent pour mâcher ensemble la plante verte, et le bénéfice peut monter jusqu’à 15 000 francs.
Djibouti, république de Djibouti, le 8 février 2023. Mahamoud Wilo attend de vendre ses dernières bottes. Wilo est vendeuse depuis 9 ans. Son mari, grand consommateur de khat, travaille très peu. En 2017, ils ont pu acheter un bus qui leur rapporte en plus 13 000 DJF par jour. Wilo explique faire ce métier pour envoyer ses enfants étudier et travailler à l’étranger.
Quartier d’Arhiba, Djibouti, république de Djibouti, le 13 février 2023. Madhina (au centre) et ses amies. Elle est la fille de Momina . Momina, 50 ans, vendeuse de khat à Arhiba depuis son plus jeune âge. Elles fait vivre toute sa famille grâce à cet argent et gagne entre 10 000 et 15 000 francs de Djibouti par jour, soit une soixantaine d’euros. Madhina est étudiante en communication. Toutes ses soeurs sont également scolarisées. Momina ne veut pas que ses filles reprennent son activité.
Quartier d’Arhiba, Djibouti, république de Djibouti, 7 février 2023. Dans le quartier Arhiba, l’un des quartier les plus peuplés de la ville. Il compte plus de 13 000 habitants, en majorité Afars. Aujourd’hui, Djibouti-ville est toutefois en grande partie peuplé de Somalis, principalement du groupe des Issas.
Quartier d’Arhiba, Djibouti, république de Djibouti, le 10 février 2023. Alors que la nuit tombe, un homme contrôle la qualité du khat sur le stand d’une vendeuse avant de l’acheter.
Quartier de Arhiba, Djibouti, république de Djibouti, le 10 février 2023. Des hommes broutent lors d’une fêtede mariage. Tous consomment, les joues gonflées de feuilles, mastiquant ainsi jusqu’au bout de la nuit, au rythme d’un musicien présent pour l’occasion. Le khat est présent à chaquemariage. Dans un pays où le chômage touche près de 40 % de la population, où la pauvreté est massive et où la jeunesse a peu d’espoir, le khat sert de passe-temps, à s’évader ou à supporter le quotidien.
Djibouti, république de Djibouti, février 2023. Les trois filles d’Assia, chez elle. Toutes les trois vont à l’école. L’ainée aide sa mère de temps en temps à la vente du khat, en fin de journée. Assia explique: « Je ne veux pas que mes enfants reprennent cette activité, je me fatigue pour qu’ils réussissent. C’est un travail pour les gens sans expérience, pour ceux qui n’ont pas étudié et qui n’ont pas le choix. C’est de la survie ».
Djibouti, république de Djibouti, le 1er février 2023. Lorsque Fatouma quitte sa boutique elle laisse la place à l’une de ses cousines afin qu’elle vende la marchandise restante.
Tadjourah, République de Djibouti, le 4 février 2023. Sur le ferry au départ de Tadjourah pour Djibouti des hommes s’appretent à Khater.